La photographie immobilière ne s’improvise pas. Les agences font appel à nos services, comptant sur nous pour apporter une valorisation de leurs biens. Savoir exposer ses images est primordial pour mettre en valeur les lieux, particulièrement ceux avec de grands écarts de luminosité. Quels sont alors les moyens dont nous disposons ? Pour bien exposer, il faut mesurer la lumière correctement. Sur nos APN, il existe différents types de mesures qui déterminent notre couple vitesse/diaph :

– La mesure matricielle ou évaluative, c’est le choix recommandé dans bien des situations. L’appareil mesure une large partie de la scène et définit l’exposition en fonction de la luminosité dans la composition.

– La mesure pondérée centrale estime l’intégralité de la vue mais attribue une pondération plus importante à la zone centrale, qui est plus ou moins large suivant la taille qu’on lui attribue.

– La mesure spot et/ou sélective évalue le couple vitess/diaph à l’intérieur d’un cercle représentant environ 1,5% du champ de l’appareil.Le cercle est centré sur le point AF actif, rendant possible la mesure des sujets excentrés. Ce choix garantit une exposition correcte de la zone,même lorsque d’autres zones sont plus lumineuses ou plus sombres. La mesure sélective, elle, permet d’élargir ce cercle si la zone est plus grande par exemple. Il nous appartient de savoir utiliser ces différents modes en fonction de la technique que nous utilisons.

L’utilisation du flash

Sur place, nous pouvons utiliser un flash cobra orienté, en général, vers le plafond. On parle alors d’éclairage indirect ou de « bounce flash ». On mesure l’exposition pour la scène extérieure en utilisant la mesure spot ou sélective. On règle ensuite le flash suffisamment puissamment, de manière à « déboucher » la scène intérieure. On obtient ainsi un mix entre la lumière ambiante de l’extérieur et la lumière du flash à l’intérieur. Cette solution « tout en un » présente également ses limites. En effet, lorsque l’on photographie des espaces comme les salons, le flash ne peut pas toujours éclairer convenablement l’ensemble de la pièce. Si le plafond n’est pas blanc par exemple, cela amène une dominante de couleur à l’image qui n’est pas du plus bel effet. De plus, cette solution n’est pas admise dans la guideline Ouiflash.

Exemple :

Photo 1 (résultat au flash)

L’exposition simple

C’est la solution la plus minimaliste. Elle consiste à réaliser une photo par scène. Pour bien l’exposer, il faut donc privilégier le mode de mesure matricielle ou évaluative. On génère ainsi une exposition moyenne entre les hautes et les basses lumières. A nous, en post-production, de récupérer les hautes lumières et de déboucher les ombres. L’utilisation du fichier RAW est indispensable pour cette méthode. Parfois, cela ne suffit pas comme devant un contre jour par exemple.

Exemple :

La photo 2 donne la photo 3 après ajustement du RAW

Photo 2

Photo 3 (résultat de l’ajustement du RAW)

L’exposition double

Cette pratique consiste à exposer une photo pour l’extérieur et une photo pour l’intérieur. Il faut alors les associer en post-production. Un peu de pratique est nécessaire, il faut anticiper le mixage à venir pour que le rendu final paraisse naturel. Si vous sous-exposez trop votre scène extérieure par rapport à l’intérieur, et inversement, le mariage des deux ne sera pas satisfaisant. En général, la mesure sélective est la plus appropriée. Cependant, dans certains cas, l’utilisation du mode de mesure pondérée centrale peut s’avérer efficace. La technique de l’exposition double peut être utilisée en photographie immobilière mais offre peu de marge d’erreur.

Exemple :

Photo 4 + photo 5 = photo 6

Photo 4

Photo 5

Photo 6 (résultat photo 4 + photo 5)

L’utilisation du HDR

Le High Dynamic Range consiste à bracketer une scène par lot de 3 ou 5images avec un ou plusieurs Indices de Lumination (IL) ou Exposure Value(EV) d’écart. L’ouverture du diaphragme ne bouge pas (F/8 ou F/11 en général), c’est le temps d’exposition qui change en fonction de l’IL choisi.Vous obtenez alors une série d’images allant de la sous- exposition à la surexposition. Ce lot constituera la matière première pour un assemblage futur en post production. Ici, l’utilisation de la mesure matricielle ou évaluative est la mieux adaptée. De cette façon, le bracketing n’est pas en décalage avec les scènes intérieures et extérieures. Attention toutefois aux rendus trop surréalistes, qui en photo immobilière, ne sont pas admissibles. Il n’existe donc pas une mais des solutions pour bien exposer ses photos immobilières. Maîtriser ces techniques font de nous des « spécialistes » et justifie notre jeune métier. A tout à chacun de trouver sa méthode qui convient à la plupart des cas, si cela ne fonctionne pas, nous savons que nous en avons d’autres sous le coude.